Ce qu'entend l'oreille sourde
c'est
à la limite de l'écoute
l'annonce différée depuis longtemps
que l'on avait cru perdue
qui restait inouïe
dans l'attente d'une oreille assez fine
pour s'accomoder
aux phrases effacées, aux sillons usés
aux signes à peine signes encore.
Attentive tout entière
à ce dont le silence orne le muet
discours
d'une parole foraine.
Ces visages réunis par la mémoire
derrière les fenêtres comme à des
théâtres
Des pas s'approchent, s'éloignent
de ces lieux nuls
Porte bonheur et porte murée
n'ouvrent sur rien.
Un temps zéro, un temps pour rien
Il aurait fallu croire aux mensonges
aux rêves et à leur béquilles
Ils manquait aux personnages
des membres utiles à leurs rôles.
Les péripéties n'étaient pas inédites
ni le dénouement inouïs.
Ne pleurez pas
ce monde là est un éclat de rire.
Nous sommes en ce jour l'un des moments de ce rire
à son début, à sa fin qu'importe
nous savons à qui ce rire appartient
et qui l'a provoqué.
Ne pleurez pas
les rieurs ne le mériteraient pas.
Congé est donné
et la réalité des faits ne surprend plus.
La pièce est terminée
ses décors déménagent
Circulez
il n'y a rien à voir !...
La vue est rassasiée...
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