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Le blog de coruscant-e.over-blog.com

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La dictée....

Publié le 1 Avril 2010 par coruscant-e

Je revis aujourd'hui avec les dictées de ma fille ( 9 ans )...mes dictées d'antan....

 

Il était une fois....ma dictée...

 

A l'heure de la dictée, c'est avec une attente contemplative que je trempais ma plume. L'orthographe ne m'inquiétait pas plus qu'un enfant qui connaît les strophes de ses poésies.

Je savais que le texte, martelé et scandé par la voix minérale de mon professeur, serait beau comme fête enveloppée de musique.

 

Dictée :

Les ruines de Palmyre.

Le soleil était couché ; un bandeau rougeâtre marquait encore sa trace à l'horizon lointain des monts de la Syrie ; la pleine lune, à l'Orient, se levait sur un fond bleuâtre aux planes rives de l'Euphrate....Une heure après le coucher du soleil, la lune se montra au-dessus des arbres à l'horizon opposé. Une brise embaumée, que cette reine des nuits menait de l'Orient avec elle, semblait la précéder dans les forêts comme la fraîche haleine...

.....Dans la savane, de l'autre côté de la rivière, la clarté de la lune dormait sans mouvement sur les gazons : des bouleaux agités par les brises, et dispersés ça et là, formaient des îles d'ombres flottantes sur cette mer immobile de lumière. Après, tout aurait été silence et repos, sans la chute de quelques feuilles, le passage d'un vent subit, le gémissement de la hulotte ; au loin, par intervalle, on entendait les sourds gémissements de la cataracte du Niagara qui, dans le calme de la nuit, se prolongeaient de désert en désert et expiraient à travers les  forêts solitaires.

 

 

Dieu, que c'était beau ! Un texte incantatoire nous promenait autour du globe terrestre, sur le tapis que nous tendaient les astres. Libres ! Toutes les dimensions. Toute les sonorités, imprévisibles, dans leur justesse.

Brisée, la navette des rimes et des césures, la galère aux douze coups de rames en cadence !

Le professeur prononçait lentement. Il répétait, liant les phrases mélodiques. Et ce  que mes oreilles écoutaient semblait s'élever de mon coeur.

Je voulus tout garder et n'en rien perdre. Je désirais, pour écrin à mes trésors, un de ces cahiers reliés de cartons brillamment brouillés que mes camarades achetaient, disaient-ils, au bazar-épicerie Rausis, à Orsières.

 

 

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